La coordinatrice du Centre Sira participe à une journée consacrée à la prise en charge des enfants migrants non accompagnés et séparés ayant besoin d'une protection internationale en Espagne.
L’événement, organisé par le Centre pour l’innovation en droit (CID – ICADE) de l’Université pontificale de Comillas, s’est articulé autour de la présentation du livre “ Étude juridique sur les enfants non accompagnés et séparés ayant besoin d’une protection internationale en Espagne ”.
L’infrastructure migratoire se construit dans un contexte de confusion et de changements constants, ce qui affecte particulièrement les enfants migrants non accompagnés qui, dans leur parcours de demandeurs d’asile, font face à des obstacles disproportionnés à leur âge. Cela explique Gabriela López Neyra, coordinatrice du Centre Sira, lors d'une conférence organisée par le Université pontificale de Comillas. Parmi ses interventions, la psychologue a souligné qu'il est essentiel pour les équipes techniques de développer des stratégies permettant de réduire et de gérer les incertitude. “ Soutenir les enfants migrants non accompagnés, c’est assumer notre responsabilité d’adultes ”, dit-elle.
Pour López, les adultes doivent veiller à alléger le fardeau qui pèse sur les enfants et les adolescents. Cela implique, entre autres, de les soutenir dans leurs prises de décision sans pour autant limiter leur autonomie ; d’adapter les outils pour faciliter les démarches administratives ; et surtout, de respecter l’individualité et le contexte de chaque jeune, en fonction de son stade de vie et de son développement.

De gauche à droite, Gabriela López (Sira Center) ; Paloma Torres (MEDUSA) et Nadia Garrido (Children's Villages).
Sécurité complète
Forte de son expérience auprès des personnes en déplacement, la psychologue insiste sur la nécessité pour le système d'accueil et les professionnels qui y travaillent de donner la priorité à la mise à disposition d'un espace qui offre sécurité complète aux enfants migrants non accompagnés. C’est-à-dire un contexte qui (1) évite les situations de discrimination et de violence ; qui offre (2) une stabilité temporaire ; et qui garantit une sécurité affective, (3) qui favorise des liens aux limites claires et inconditionnelles et, surtout, non soumis à comportement.
Enfin, López souligne que les professionnels doivent (4) consolider les espaces qui favorisent le renforcement positif plutôt que la punition, en s'appuyant sur la curiosité et une acceptation sans jugement. “ Un modèle qui nous permette de voir le caractère unique de chaque personne et qui intègre des dimensions pertinentes pour les enfants migrants, comme la spiritualité ”, précise-t-elle. Gabriela insiste sur le fait que la culture peut ici jouer un rôle protecteur et qu'elle doit être prise en compte dans le processus d'accompagnement. À cet égard, elle met en garde : “ Une rupture aussi précoce avec le contexte culturel d'origine de chaque enfant pourrait être irréversible. ”.
santé mentale
Gabriela López prévient que, lorsqu'il s'agit d'enfants non accompagnés, les diagnostics de troubles du comportement sont fréquents, mais le stress post-traumatique est rarement pris en compte. Elle souligne que se focaliser sur les comportements perturbateurs, plutôt que sur les facteurs sous-jacents qui peuvent les avoir déclenchés, compromet le bien-être émotionnel et psychologique des enfants migrants. “ Quand on parle de migration, surtout en cas de migration forcée, on parle en réalité d'un processus de deuil, de choc traumatique et d'adaptation ”, remarque-t-elle.
Selon la psychologue du Centre Sira, l'accompagnement des jeunes se divise en différentes phases visant à améliorer leur bien-être. Premièrement, (1) l'intégration et le traitement de l'événement ; ensuite, (2) la réparation des éventuels traumatismes ; et enfin, (3) la reconstruction de leur système de soutien émotionnel et de sécurité. Il s'agit de favoriser leur capacité à vivre pleinement leur enfance et leur adolescence, afin qu'ils puissent devenir des adultes épanouis.

Affiche pour l'événement organisé par le Centre pour l'innovation en droit (CID – ICADE) de l'Université pontificale de Comillas.
Des solutions durables
L'événement, organisé par le Centre pour l'innovation en droit (CID – ICADE) de l'Université pontificale de Comillas, s'est articulé autour de la présentation du livre “Étude juridique sur les enfants non accompagnés et séparés ayant besoin d'une protection internationale en Espagne”et servait d'espace pour réflexion critique, qui présentait des professionnels de différents domaines qui sont développées dans ce secteur.
De cette discussion ont émergé quatre grandes propositions pour l'avenir :
- Consolider les équipes et les mécanismes multidisciplinaires pour une identification holistique et intersectionnelle.
- Respectez le temps et le rythme d'adaptation des enfants, afin qu'ils puissent comprendre le contexte dans lequel ils se trouvent et collaborer avec les mécanismes de protection existants.
- Développer et adapter les systèmes de protection aux besoins spécifiques des enfants migrants non accompagnés et séparés.
- Cela nécessite un investissement accru et une meilleure formation des équipes techniques et responsables, ainsi qu'une volonté politique. Il est également indispensable de s'engager à leur offrir davantage de formation et une plus grande stabilité.